LE MONSIEUR
Je crois bien... quel succès! Et vous leur avez dit une chose bien vraie, qu'on répétait à la F3ourse cel après-midi, sur les affaires et les lois... Quoi déjà?... Je ne me rappelle plus très bien.
LANGLADE
Ça ne fait rien.
Le monsieur s'éloigne après avoir salué Marianne qui
vient d'entrer arec madame Brèautin.J
MADAME BRÉAUTIN, à Marianne.
Eh bien ! vous voyez une fois de plus, ma chère, la faute que votre mari a commise. N'insistons pas. Voici Langlade tout à l'ait lancé.
MARIANNE
11 a d'ailleurs plaidé remarquablement. <>h! je
206 l'adversaire
lui rends justice... Il a eu une verve et même de temps en temps une émotion dont je ne le croyais pas capable... Quelle est donc cette jeune fille ou cette jeune femme avec qui il cause depuis un instant?
MADAME BRÉAUTIN.
C'est une jeune fille, mademoiselle Zavedro, la lille du banquier.
MARIANNE
Eh! eh! un beau mariage.
MADAME BREAUTIN.
Je lui en ai parlé... Je me suis heurtée à un refus formel.
MARIANNE
Ah!
MADAME BRÉAUTIN, regardant Marianne.
J'ai la conviction que Langlade ne veut pas se marier.
MARIANNE
Et pourquoi? Une liaison?
MADAME BRÉAUTIN.
Non, un amour.
MARIANNE
Ah !
MADAME BRÉAUTIN.
Et un amour qui ne doit pas être très heureux... D'ailleurs, je ne sais pas pour qui, quoique je m'en doute.
MARIANNE. ,-h.in<ic;inl de ton.
Voyons... Vous me demandiez tout à l'heure, si je connaissais?...
MADAME BRÉAUTIN.
Ah! oui. Norbert! Vous n'ignorez pas que c'est lui probablement le Président du Conseil de demain.
ACT1 il. >< i M. i 20"
MARIANNE
Noue le connaissons très intimement. C'est le camarade <l<i collège de Maurice.
MADAME BRÉAl 1IV
J'aurai peut-être besoin Je vous.
MARIANNE
Vous savez que je vous suis toute dévouée.
MADAME BRÉAti FIN.
J'attends Norbert ce soir. .in-,- mystère. .Nous causerons...
MARIANNE
Oui.
MADAME BRÉAUTIN.
A propos? nous verrons aussi Darlay, j'espère?
M IRIANNB.
I n |h'u tard, comme je vous l'ai expliqué, mais il viendra certainement me chercher.
MADAME BRÉAUTIN.
Vous lui parlerez de nos projets... Car j'ai dé- < i«l<; (ju'on se verrait heaucoup cet été.
Je l'ai décidé aussi.
MAI-AMI. BREAUTIN.
Tout va bien. Vous permettez que je dise un mot à mon mari ?
MARIANNE
Faites, je v«>us en prie.
Madame Bréautin lui serre la main et va à Bréautin
qui s'avance vers elle lundis que Marianne t'éloigne vers le fond.
MADAME BREAUTIN.
Tu surveilleras l'entrée île Norbert, n'est-ce pas .'
BREAUTIN.
Es-tu >ùrc que Norbert viendra?
208 l'adversaire
.MADAME BREAUTIX.
Oui, surtout maintenant. Le petit Langlade a été très bien... il faut pousser ce garçon-là.
BRÉÀUTIN.
Nous le pousserons. D'ailleurs, il se poussera bien tout seul. De l'éloquence... de l'esprit... Il a raconté, à table, une histoire charmante... un peu raide. Regarde-le...
(Il désigne Langlade qui parle, entouré des quelques dames de tout a l'heure et de madame Chantraine qui s'est approchée pendant les dernières répliques. Elles se mettent à rire.)
MADAME CHAXTRAIXE.
Oh î monsieur Langlade !
BRÉAUTIN, à madame Bréautin.
J'ai envie de...
MADAME BREAUTIX.
Laisse-les s'amuser.
MADEMOISELLE IIERSOY, à gauche.
C'est qu'il vous ferait rougir.
MADEMOISELLE ZAVEDRO.
Nous devinons la fin.