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ACTE TROISIÈME lfil

Cherche déjà l'anneau par où briser sa chaîne ; Je le verrais demain me trahir... Qu'il l'emmène! Athène est loin d'ici. De leur bonheur, du moins, Mes yeux, mes yeux jaloux ne seront pas témoins.

(ANéère.)

Soutenez mon courage ! et pour qu'il s'accomplisse,

Précipitons l'instant fatal du sacriCce.

— Me pardonnerez-vous si je renonce à lui?

NÉÈRE

Vous y consentiriez pour moi ?

Dès aujourd'hui, Dès maintenant.

NÉÈRE

Mais lui? Si vous lui restez chère, Si son cœur est fermé pour la triste Néère, S'il ne vous quitte un jour que pour vous revenir... A quoi m'aura servi de le reconquérir ?

PASIPHILE.

Et s'il n'en avait point, depuis vous, aimé d'autre? S'il n'avait dans le cœur qu'un souvenir, le vôtre?... • Vous ne me croyez pas?

NÉÈRE

Comment croire, en effet,

A cet amour unique, après ce qu'il a fait?

PASIPHILE.

Que de fois j'ai voulu dans son âme oppressée, Pour le consoler mieux, surprendre sa pensée!... Votre histoire en deux mots m'a livré son secret. Le mal qui le dévore...

NÉÈRE

Eh bien?

PASIPHILE.

C'est le regret, C'est le remords, la honte... Et moi, dont ce mystère Éveillait les soupçons, rivale involontaire,

— Car je ne savais rien — Néère, c'était vous Que maudissaient de loin mes blasphèmes jaloux ! Mais vous aurez pitié de moi malgré mon crime...

NÉÈRE

Eh ! n'en êtes-vous pas la première victime ?

PASIPHILE.

Un rêve que j'ai fait, mais il faut, s'éveiller.

Si j'étais sûre encor de pouvoir l'oublier!

Néère, ces deux ans de félicité douce

Lorsque vous vous aimiez d'un amour sans secousse,

Comme vous avez dû les trouver bons et courts ;

Et cependant, deux ans, deux ans! c'est bien de«s jours.

Je vous les envierais, mais je n'en suis pas digne...

— Autres soins N'avez-vous que ce costume?

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