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SCÈNE III

ROSINE

Mais les coulisses de la comédie vont porter le deuil de votre austérité.

MARIANNE

Le grand mal, quand une fois par hasard, et en dépit de l'opinion, il serait prouvé qu'une actrice peut avoir — ou ravoir — de la vertu !

ROSINE

C'est fort bien dit. Mais... voyez- vous, madame, si vous avez réfléchi quinze jours pour renvoyer monsieur de Lussan, moi, j'ai passé un grand quart d'heure à me demander pourquoi.

MARIANNE

Et tu as trouvé?

Peut-être. Dans la foule des adorateurs...

MARIANNE

Oblige-moi de ne m'en plus parler; ils m'ennuient.

ROSINE

Bon! en général; mais il y en a quelques-uns... Monsieur le vicomte, par exemple?

MARIANNE

Le second tome de monsieur de Lussan.

ROSINE

< Et monsieur le chevalier?

MARIANNE

Je te le donne.

ROSINE

Merci. Aux derniers les bons. — Et monsieur de Flagey?... Quoique vous n'en ayez pas ouvtrt la bouche de toute la matinée, est-il bien sûr que vous ne 1 aimiez point? et vous croyez-vous bien certaine de ne point voir passer son personnage dans les rêves de votre solitude? Il vous aime, celui-là, et vous l'aimez, ne vous en déplaise ; — et si vous tenez absolument à vivre de racines, voilà un ermite fait tout exprès pour peupler votre Thébaïde.

MARIANNE

Ta ta ta ! cemme tu cours, et comme tu vas sans savoir où ! Monsieur de Flagey ne m'a jamais soufflé mot de cet amour prétendu.

C'est cela même, et je n'en veux point d'autre preuve. Les bouquets et les madrigaux s'achètent tout faits. Mais ce qui ne s'achète pas et qu'il vous apporte, c'est son em-

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