SCÈNE IV
LESBIE , à Cornéliiit qui t'avance et a qui elle ne laisse pai
le temps de parler.
Cornélius, un souci me tourmente : ' Ta tunique est au musc, ta toge est à la menthe, Et c'est le nard, je crois, que sentent tes cheveux. Je ne puis pas souffrir les odeurs.
PISON, à part.
Et de deux î
LESBIE, à Manlius, même. jeu.
Neuf lustres, Manlius ; c'est bien mûr. A cet âge, La passion s'émousse et le cœur devient sage. D'ailleurs, tu dois avoir appris sous Daphnidès, Ce qu'aux beaux surannés peut coûter un succès : Or, usé, ruiné, passant la quarantaine, Une intrigue avec toi ?... ce n'est guère la peine.
PISON, à part.
Et de trois !
(A Manlius.)
Manlius, je te fais compliment :
Jamais plan mieux conçu n'eut plus prompt dénoûment.
MANLIUS, à demi-voix.
Mon plan?. 4. mais on l'a pris à l'envers, je suppose.
CORNÉLIUS, de même.
Quelle leçon 1
PISON, de même.
Pourquoi t'inonder d'eau de rose 1
CORNÉLIUS, d« même.
Fi, l'ivrogne !
PIS ON, de même.
. Le vin à quelque chose est bon :
Bacchus guérit les cœurs qu'a blessés Cupidon.
MANLIUS, de même.
Bah ! tout n'est pas perdu, bien que l'échec soit rude.
PISON, de môme.
Quel sang- froid ! ce que c'est pourtant que l'habitude. Mais vengeons-nous.
(Haut.)
Amis, vous savez que demain, Catulle nous attend pour fêter son hymen Avec Sexta...
LESBIE, avec rfcht.
Pison ?
PISON
Tu l'ignorais encore?...
Imprudent que je suis ! et combien je déplore Cette indiscrétion maudite !
LESBIE, regardant Pison.
Je comprends..
Il a bu, ce matin, dans des verres trop grands. Manlius, dit-il vrai ?