SCENE XVIII MARIANNE, PAUL
PAUL
Marianne, je reviens.
Lui!... vous, Paul! Pourquoi êtes-vous ici?... et pourquoi si pâle?
PAUL
Écoutez-moi, Marianne. Je suis décidé à tout ; mais ce mariage est impossible en France... Fuyons la France. — Une chaise de poste nous attend... Vite! Marianne, partons pendant que j'en ai la force.
MARIANNE
Mais Aotre père, Paul, votre père?... il en mourra!
PAUL
Par pitié, Marianne, ne me rendez point trop douloureuse cette heure suprême, où je voudrais ne penser qu'à vous. Si cette union me coûte une famille,, ce sera à vous d'alléger mon sacrifice et de combler , à force d'amour, les vides de mon cœur... Vous ne me dites rien, vous ne me regardez seulement pas... — Marianne !... mais vous ne m'aimez donc pas?
, MARIASSE.
Plût à Dieu ! vous ne seriez point là, et je ne serais point tant à plaindre... Mais, non; je divague. — Non! je ne vous aime pas. Est-ce que je puis vous aimer? Comprenez donc, Paul : Faite à une vie de bruit, de bravos, d'intrigues , est-ce que je puis aller m'ensevelir avec vous dans quelque pays perdu? Non, Paul, la langue m'avait fourché... et je ne vous aime pas.
VML.
Vous voulez me tromper, Marianne.
MARIANNE
Une curiosité? Vraiment là, monsieur de Flagey, vous auriez consenti?. . . et ma ridicule proposition de ce matin?...
TAUL.
Voici la lettre dans laquelle je fais mes adieux à mon père... et je vous l'ai dit, une chaise nous attend, toute attelée.