‹ Théâtre completChapitre 143 sur 143 · SCÈNE XX MARIANNE, PAUL · texte numérisé non relu

SCÈNE XX MARIANNE, PAUL

PAUL

Çà, partons-nous, ou ne partons-nous pas? Est-ce oui ou est-ce non? — Et revenir demain!... Que cela veut-il dire?

MARIANNE

Nous partons. Où nous allons? Je n'en sais rien. Laissons faire le postillon, et, à la grâce de Dieu ! Quelle joie, par ce beau soleil, de courir sous les arbres! Paul, aimez-vous les bois?... Moi, je les adore. Quelle que soit la route choisie, nous trouverons toujours bien un bois. — C'est là que nous nous arrêterons... et que nous nous égarerons, à pied, jusqu'à la nuit. La nuit venue, mourant de faim, et fatigués comme le Juif-Errant, nous guettons une lumière à travers le feuillage, nous arrivons dans une cabane de bûcheron... (s'iuterrompam.) Vous avez votre épée?

PAUL

Sans doute.

MARIANNE

11 faut tout, prévoir! — Une cabane de bûcheron, où nous croquons du pain noii 4 et du jambon fumé, et où l'on nous

eouche sur la paille... comme des œufs. — Venez -vous, prince Charmant? Le ciel est. bleu comme l'oiseau des contes, et pourvu qu une méchante fée ne nous envoie pas un affreux orage, les bonnes heures que nous allons vivre!... Ah! et cette lettre à votre père?... Donne?

PAUL

La voici.

MARIANNE

Tenez, Paul, regardez -moi en face. Il me semble aue mon visage rayonne. — Oui, soyez à moi, soyez à moi tant que vous m'aimerez comme vous m'aimez aujourd'hui ! — L'amour! l'amour!... Quel ciel!

( Elle déchire la lettre. ) PAUL.

Que faites- vous?

Mais restez à votre famille. Libres tous deux, sans autre chaîne que l'union de nos cœurs, vous m'en aimerez davantage, et je serai heureuse sans remords.

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