SCÈNE XII
EUTYCLÉS, rui. MÉGILLUS.
EUTYCLÉS.
Corinthe. — Heureux Diphile! au gré de son caprice, Il entre dans l'arène ou déserte la lice.
Athènes le fatigue?... A Corinthe! Nul bras Ne cherche à retenir ou diriger ses pas.
Hélas ! tandis que moi , — fatalité cruelle ! — Le devoir me retient quand le désir m'appelle. Corinthe! c'est le bruit, la fanfare, l'éclat; L'ivresse y devient lutte et le plaisir combat; On est là cent rivaux autour d'une coquette... Est-ce de l'amour? non; mais c'est une conquête! Les soins durent une heure, et le triomphe un jour. Le plaisir, après tout, ne vaut-il pas l'amour?
Et la trirème va partir...
Fatale idée !
J'en ai l'âme inquiète, et la tête obsédée.
Une tentation de Corinthe m'a pris ; C'est un vertige... il faut m'y soustraire à tout prix.
( Appelant. )
Mégillus.
MÉGILLIS , entrant.
Me voici.
EL'TYCLÉS.
Nous partons pour Mégare.
Je t'emmène. Avertis mon intendant; prépare Mes bagages, et viens me prévenir ici, Lorsque tout sera prêt, que je suis obéi.
Ma femme est là, dis-lui que je l'attends.
(Mégillns sort.)
Encore Des pleurs ! et cependant, au mal qui me dévore, Si mon toit chaque jour verse un nouveau poison, 11 faut bien, pour guérir, déserter ma maison.