‹ Théâtre completChapitre 55 sur 143 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DIPH1LE. %

Dans une heure.

EUTYCLÉS.

Mais où Vas-tu ? réponds-moi donc !

DIPI1ILE.

Où je vais?

EUTYCLÉS.

Il est fou.

Je gagne, ô mon ami, la ville enchanteresse,

Où le plaisir abonde et l'univers s'empresse;

Où la blonde Vénus, fille des flots amers,

Voit son temple à la fois dominer sur deux mers ;

Où tout est enivrant, jusqu'à l'air qu'on respire ;

Où ce n'est plus assez de deux ports, pour suffire

Aux vaisseaux étrangers, nombreux comme leurs flots;

Où l'on arrive aux chants joyeux des matelots;

Où l'on trouve à souhait des plaisirs sans contrainte

Et de l'amour sans fiel.. .

EUTYCLÉS.

Mais où donc ?

f DIPHILE.

A Corinthe !

EUTYCLÊS.

Et FAsie ?

Elle est là. Satrape triomphant, Pharnabaze s'y berce au dos d'un éléphant.

C'est le marché du monde. Orateurs et poètes, Peintres, musiciens, philosophes, athlètes, Tout arrive à Corinthe. En femmes r Thessala, Corinne, Parthénie, Euxippe, Messala...' Et je ne t'ai rien dit encor de Pasiphile, Le trésor à la fois et l'orgueil de la ville, Un miracle de grâce ! une femme, Eutyclès, Qui, pour être Aspasie, attend son Périclès, Et qui cherche, parmi sa cour toujours nouvelle, Pour lui donner son cœur, un homme digne d'elle. Que dis-tu de Corinthe? Athène ! un affreux trou, Depuis qu'elle s'est mise à calquer son hibou. Reste ici qui voudra. Je cours où l'on s'amuse. J'ai toujours détesté Minerve et sa Méduse.

Quand pars- tu?

L'on m'attend. La trirème est au port, L'ancre déjà levée, et les rameurs à bord.

Adieu.

EUTYCLÈS.

Tu rie dis rien à Néère?

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