SCÈNE IX PASIPHILE, EUTYCLÈS
PASIPHILE.
Maintenant, mon ami, m'apprendrez-vous la cause De votre long retard, et de votre air morose?
EUTYCLÈS.
Vous me le demandez?
PASIPHILE.
Sans doute. Mais qu'as-tu?
Que se passe-t-il donc? Je ne t'ai jamais vu Comme aujourd'hui. Quel ton glacé ! quel œil sévère î Tu te contrains... ta lèvre est pâle de colère... A qui donc en as-tu, mon ami?... Pas à moi, Je suppose?
Si fait, et vous savez pourquoi, Vous qui m'interrogez.
PASIPHILE.
J'écoute sans comprendre.
EUTYCLÈS.
Vous comprendriez mieux quelque parole tendre, De celles que murmure aux heures de la nuit La voix d'un amoureux qui vient et part sans bruit.
lit IV. chemin dp: corinthe
PASiPHILE.
Mais que voulez-vous dire, Eutyclès?
Kl'TYCLÈ**.
Je veux dire Que si je suis jaloux, c'est qu'ici tout conspire A grossir mes. soupçons. Ne vois je pus autour De chez vous, et chez vous, à chaque lu uro du jour, Tous (es jeunes oisifs, opprobre de la Grèce, (jui viennent à vos pie !s soupirer leur tendresse? VA si ce n'est assez des (an es, ne vois-je pas Ce Mède fastueux suivre partout vos pas?
Parlons franc. Vous m'avez aimé, mais je vous gène. Pour ma part, je commemv à avouer ma chaîne... Brisons donc, de roiuvrt, (\v> liens vermoulus, Et n'hypoerisons pas, si nous n'y croyons plus.
l'A si phi m:.
Je vous ai laissé dire, Eutyclès. La surprise
Brisait avec mon cœur ma parole indécise.
Un jour vous maudirez ce cruel entretien,
Car je suis innocente, et vous le savez bien.
Mais quand l'homme est coupable, il s'en prend à la femme:
Pour déguiser sa faute, il prodigue le blâme,
Comptant chaîner de rôle, et par un jeu menteur,
D'accusé qu'il é?ait se faire accusateur.
Savez vou.> <v que f -ut s» ulTrir deux jours d'absence?
Et c'est ap'ès deux jours, c'est quand votre présence
Devrait sécher l j s pl< urs que j'ai versés, c'est quand
Vous avez tort, que vous m'accusez i — « Parlons franc, »