‹ Théâtre completChapitre 75 sur 143 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Et vois si ma colère avait quelque raison :

Cette nuit, j'arrivais auprès de ta maison, Quand un homme, debout sur la porte, à ma vue S'enfuit, et disparaît à l'angle de la rue... Je m'approche du seuil et j'y trouve...

PASIPHILE, l'interrompant.

Du thym?

, EUTYCLÈS.

Tu l'as vu ?

PASIPHILE.

Quand on l'a détaché ce matin.

(Lui montrant la couronne de thym.)

Regarde, le voilà.

EUTYCLÈS.

Jamais la jalousie N'a versé dans une âme autant de frénésie.

En proie à des tourments sans trêve, je passai La nuit dans les accès d'un délire insensé, Et mon premier coup d'oeil, en arrivant, me montre... Là, franchement, c'était une triste rencontre.

PASIPHILE.

Encor?

EUTYCLÈS.

Non, plus de doute.

PASIPHILE.

Et jamais de soupçon.

Aimons-nous, sans verser de nos mains ce poison

Dans la coupe où frémit 4e vin d * nos ivresses : Confiants tous les deux, n'ayons que des caresses L'un pour l'autre, Eutyelès.

Et pour mieux conjurer Ce feu jaloux, toujours prêt à nous dévorer, Demandons à l'amour des extases nouvelles, Demandons- lui des jours meilleurs, drs nuits plus belles: Le soupçon liendra-t-il en face du bonheur?

Tu m'interrogeras, je t'ouvrirai mon cœur.

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