‹ Théâtre completChapitre 91 sur 143 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Us sont sûrs de leur coup. Notre homme, en ce moment, S'il n'est pas encor pris, doit l'être incessamment. C'est chose convenue avec le capitaine :

il lève aussitôt l'ancre et cingle vers Athène.

PHARNABAZE, de même.

Pas de sang,! Sur ce point tu sais ma volonté

BARCA, de marne*

On ne le frappera qu'à toute extrémité,

PHARNABAZE, de même.

Sors, et va-t'en jeter un coup d'œil dans la rue.

PASIPHILE, à port.

Mais cette femme, aussi?... Qu'est-elle devenue?

Elle est partie, elle est allée... où? Je ne sais.

Elle porte au hasard ses secours empressés...

Ses secours?... Qu'avait-elle à me trouver si belle?

A parler d'Eutyclès qu'elle aime? Quelle est-elle?

J'ignore son pays, sa famille, son nom...

M'en défier?... Pourquoi? Mais m'y confier?... Non.

Elle aimait Eutyclès... lumière fatale !

Elle l'aime... je suis pour elle une rivale,

Eutyclès un parjure ; et quand on sait aimer,

Si le cœur est trahi, c'est au bras de s'armer î

Je suis folle !... Pourquoi serait-elle venue? Pourquoi ces cris du cœur? cette parole émue?...

Mais elle aimé Eutyclès, et je dois empêcher,

A tout prix, sur-le-champ, qu'elle en puisse approcher.

( A ses femmes. v

Cette femme qui vient de sortir... — Allez toutes; Qu'on fouille les deux ports, les carrefours, les routes... Il faut qu'on la retrouve et qu'on l'amène ici.

(A part.)

Quand un sinistre bruit dans les airs plane ainsi, Quand le vent de la mort fait frissonner nos têtes, Gardons-nous de mêler ce présage à nos fêtes ; C'est le signe, c'est la menace d'un malheur ! Ils ont beau vouloir tous me rassurer... j'ai peur.

Page 1