ACTE TROISIÈME
EUTYCLÈS.
Valait-il mieux souffrir et tarder plus longtemps !
Pardonne, Pasiphile, à ma brusque franchise :
Je souffre autant que toi d'un aveu qui te brise...
Je t'aime et je voudrais encor, comme autrefois,
Faire battre ton cœur aux accents de ma voix;
Jamais femme plus belle et plus chère maîtresse
N'a frissonné d'amour sous ma folle caresse,
Et jamais, dans mon cœur, plus heureux souvenir
Ne se sera gravé pour ne plus y mourir.
Sans m'accuser, plains-moi. La flamme inassouvie
D'un désir ignoré, bouleverse ma vie;
Je ne sais quel démon me conduit par la main...
Adieu ... Je reviendrai .
PASIPHILE.
Je t'en prie î
EUTYCLÈS.
A demain !