‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 125 sur 163 · LA FOULE · texte numérisé non relu

LA FOULE

Vive don Pèdre !

DONA FLORINDE

A bas Gain !

ES TE BAN, accourant.

Insolente! saisissons-la !

LE ROI

Quelle est cette femme ?

MUDARRA

Dona Florinde d'Aguilar. On la dit mariée à l'infant.

Qu'on la laisse libre. (Esteban la laisse. Le roi à dona Florinde.

Vous êtes la femme du condamné ?

DONA FLORINDE

De votre frère.

LE ROI

Madame, je vous excuse. Mais l'infant a mérité la mort.

DONA FLORINDE

Non!

LE ROI

J'ai des preuves.

DONA FLORINDE

Que de preuves ont fait périr des innocents !

LE ROI

Assez. — Alcade... (Mouvement dans la foule.)

DONA FLORINDE. Elle va regarder au fond de la place, puis revient précipitamment, égarée et sombre.

Eh bien, frappez ! celui qui frappe son frère sera

frappé par son frère ! (EUe tombe à genoux et se couvre de son voile. — Moment d'attente. Tout à coup la foule pousse un cri.)

TROMBALGO.

Déjà fini ! (a zorzo.) 11 n'y en a pas d'autre?

Pas pour aujourd'hui.

TROMBALGO.

Non, car le roi a quitté le balcon. Tiens, il sort de TAlcazar. Pourquoi?

ZORZO.

Pour te voir mieux.

(Le roi parait sur la place avec Mudarra et des seigneurs.) LE ROI.

Allons dans la ville. C'est le moment de me montrer partout. Il sied que mon action ne craigne pas le regard de mon peuple.

DONA FLORINDE

Altesse !

Encore !

LE ROI

DON A FLORINDE

Vous m'avez pris sa vie, me prendrez-vous aussi son corps ?

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