‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 97 sur 163 · ACTE PREMIER. Ifô · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. Ifô

guerre d^Aragon ne finira donc jamais I La nuit, Je me réveillais en sursaut et j'entendais distinctement rhorrible bruit des épées. Quand tu as été blessé, je ne recommencerais pas la semaine que j'ai eue. Tout en tremblant, j'étais fière. Capitaine-grand, à ton âge I On ne parlait plus que de toi. On disait : Il a traversé telle rivière; il entrera demain dans telle ville; et tu y entrais le soir. On ne savait plus que ton nom. Mol, ce qui était ma meilleure joie, c'était ton humanité envers les enfants et les femmes. Mon Jorge ! le jour où tu as sauvé ces malades d'un village incendié, j*ai presque remercié Dieu de notre séparation. Mais à présent, c'est assez. Me t'imagine pas que tu pourras repartir bientôt; je t'ai repris, je ne te rends plus. Je ne vais pas être une mère facile. Je vais être très méchante, je ne vais plus vouloir me passer de toi. — Allons, il faut que je retourne à ma fête. Suis-je folle d'avoir donné une fête pour ton retour! Nous ne nous appartenons plus. Je retrouve mon fils, je le partage avec Sévillel Oh! demain nous nous enfermerons, je t'aurai à moi toute seule, je serai avare de toi. Mon Jorge! quel bonheur de te ravoir! Je te trouve grandi. Tu ne rentres pas avec moi?

OOH JORGE.

Tout à l'heure.

DOfik BBATRIZ.

Tout de suite. Je voudrais ne pas perdre une minute de toi. Et toi, tu n'as donc pas besoin de ta mère ? Non. Tu n'es pas très content de me revoir. Tu ne ris

pas. Mol, tiens, je ris et je pleure. Viens, tu as assez respiré. Tu n'es pas malade?

DON JORQE.

Non.

DO!ÏA BEÀTRIZ.

Tu n'es pas triste?

Non. ■ ,

DOfÏA BBATRIZ.

Tu n*as rien contre moi?

DON JORGE

Contre vous, ma mère!

DO^k BBATRIZ.

Ni contre personne?

DON JORGB.

Contre personne.

DOSA BBATRIZ.

Alors, viens.

DON JORGB.

Tout à l'heure.

DOfiA BEATRIZ.

Tu vois que tu as quelque chose I Ne cherche pas & me tromper. Je t'ai observé ce soir. On s'empressait autour de toi, on t'acclamait, les jeunes femmes montaient sur les bancs pour te voir mieux, Tair s'embrasait de ton éloge: tu restais froid, comme un

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