ACTE PREMIER
DOH JORGE.
Oui, il m*a répété plusieurs fois qu'il se réjouissait de mon arrivée, que J'avais été absent assez longtemps, qu'il ne fallait plus repartir, que ma place était ici.
DOfiA BBATRIZ.
Il t'a dit que ta place était ici?
DON JORGB.
Ainsi ce n'est pas mon retour qui l'a empêché de venir ce soir.
DOtiA BBATRIZ.
C'est l'engagement qu'il avait ailleurs. Il en avait un évidemment. Puisque tu t'es rappelé aussi, toi, ce qu'il t'avait dit de ton retour I II avait promis, il ne pouvait pas manquer, il est pardonnable; seulement, à ta place, je n'irais plus chez lui. Il viendra une autre fois. Ou il ne viendra pas. Que nous importe don Sanche? Est-ce que la maison est vide sans don Sanche? Pour moi, avec toi seul, elle est pleine. Ohl je ne demande pas à te suffire, mais je voudrais cependant exister un peu pour toi et que, quand tu me revois après une si longue absence, tu pusses te contenter de moi au moins les premiers jours. Nous allons rentrer ensemble, et tu vas voir comme on refuse de venir chez nous, et la foule t'étouffera pour ta peine de trouver la maison vide, et tu seras cordial aux acclamations, et tu ne penseras plus à don Sanche, et tu seras joyeux. Tu sais, je t'ai toujours reproché d'être trop grave, de ne pas aller avec ceux de
ton ftge» de faire froide mine aux divertissements, de donner à tout T^re figure du devoir. Je te serais si reconnaissante d'être heureux I Ohl moi, si ton bonheur dépendait du mien, Je voudrais n^avoir jamais un chagrin l Rentrons.
DOH JORGB.
Rentrons, ma mère. (Ui font r&n le palali. Dom norind* entre précipitamment. En Toyant don Jorge, elle Ta à lai.)
DOfik FLORINDB.
Don Jorge t je vous cherchais.
D0!iA BBATRIZ.
Dona Florinde! oh! viens!
DOffA FLORINDB, à don Jorge.
II faut que je vous parle.