ACTE CINQUIÈME
est prête, il ne sortira pas avant la nuit, il ne faut que cinq ou six hommes déterminés, et en trois heures il est à Alcala, dans un château dont les gens vous sont dévoués et vous obéiront aveuglément. Là, vous aurez le temps de lui parler, de le prier, de le persuader. Voulez-vous ?
DO^A BEATRIZ.
Ou*on porte la main sur lui ? Jamais !
MARTIN DIAZ
Alors prévenez don Pèdre, il fera peut-être grâce à votre fils.
DONA BEATRIZ.
Il ne ferait pas grâce au sien I
MARTIN DIAZ
En ce cas...
DONA BEATRIZ.
Sais-tu une idée qui me vient ? C'est que don Jorge n'était peut-être là que comme j'y étais moi-même, par dévouement au roi? S'il avait fait semblant d'entrer dans leur pensée pour la connaître ? Tu as beau secouer la tête, il n'est pas naturel que les amis de l'infant aient refusé, et que lui, mon fils, tout de suite... Pourquoi ? quel motif aurait-il ?
MARTIN DIAZ
11 lui en faut un bien puissant I
DONA BEATRIZ.
Il n^en a pas! — Si! il en a un : il aime dona Florinde I Oui, c'est cela ! Comment n'y aî-je pas songé
plus tôt? C'est après lui avoir parlé, Tautre soir, qu'il a pris la défense de Tinfant. Oui, il Taime. Mais jusquelà ! jusqu'au meurtre I jusqu'à ce meurtre ! Elle se sera promise à lui. Quand le corps de son infant n'est pas encore froid, la misérable I Oh ! oui, c'est cela. Tu le crois, n'est-ce pas ? J'en suis certaine. Pourvu que ce soit cela I Dans tous les cas, c'est elle qui le pousse. C'est bien, j'entre. Si je ne décide pas Jorge,
je lui parlerai, à elle I Frappe. (Uartln Dlaz frappe, un hooime Téta de noir et h dur visage parait sur le perron.) .