ACTE SIXIÈME
DOMA BEATRIZ.
Pèdre I
LE ROI
Il y a ici un crime, flagrant, furieux, effronté, hautain. Ce crime veut ta mort. D'un autre côté, la vie que tu as tenté de me prendre, ta mère me Ta conservée, et dans des conditions inouïes : son fils à livrer, en plein meurtre, sous Tépée de mes gardes, sous la hache de mon bourreau 1 C'est là un service unique et prodigieux, quMl est impossible de laisser sans salaire, car la justice n'est pas seulement la punition du mal, elle est aussi la récompense du bien. Je suis donc entre ces deux extrémités également impossibles : le mal sans châtiment ou le bien sans
récompense, (n réfléchit profondément. Dona Beatriz s'agrenouille et prie. Le roi va lentement à la table, et écrit.) QUO le bien
remporte! Je te pardonne. Voici un sauf-conduit.
DONA BEATRIZ.
Merci I
DON JORGE, repoussant le sauf-conduit.
Je n'en veux pas.
LE ROI
Je te pardonne absolument. Je te laisse la vie, les châteaux, les titres, les fonctions. Va dans tes états ou reste ici, ton action est effacée, je l'ignore. Nous sommes quittes, dona Beatriz.
DONA BEATRIZ.
Oh I oui.