‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 50 sur 166 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

DONELISEO.

Ce serait excellent, je suis de votre avis, Mais cependant, mon cher, je m'habille, et je vis. Personne ne va nu dans la rue, et Ton change De chemise, c^est dur, mais enfin on s'arrange Le mieux qu'on peut avec les ennuis d'ici-bas. Du courage I Voyons, mon bon Tragaldabas, L'homme d'esprit maudit sei^ bottes, et le sage Intérieurement gémit du blanchissage.

Mais ils ne Toient pas là des motifs de poison.

TRAGALDABAS

Les bardes ne sont pas mon unique raison.

DON ELISEO.

L'autre?

TRAGALDABAS

Je dois la taire.

- DON ELISEO.

A moi!

TRAGALDABAS

Plus qu'à personne.

DON ELISEO.

Pourquoi?

TRAGALDABAS

N'insistez pas, senor. Je m'empoisonne Devant vous, excusez...

Il porte la fiole h ses lèrres.

DON ELISEO, lui arrêtant le bras.

Eh bien l

80 TRAGALDABAS

A part.

Si Gaprina M'entendait? '

A Tragaldabai.

Mais vraiment c'est impossible l On a Besoin de vousl Tragal, c'est moi qui vous en prie. Tragal, ne privez pas de vous votre patrie l - Vous n'avez pas le droit, quels que soient vos dégoûts. De vous tuer après ce que j'ai fait pour vous, Et votre suicide est de l'ingratitude I On se distrait, on a la lecture, Tétude Des hautes questions, des amis. Justement Je venais vous offrir un divertissement.

Mon oncle va donn^ une fête à l'armée.

Nous irons. Vous savez que l'église est fermée Pour les suicidés l Nous nous amuserons.

Je viendrai vivre ici. C'est dit, collaborons. Que de choses il reste à votre âge!

TRAGALDABAS

Peut-être Qu'à mon âge, en effet, je pourrais encor mettre Huit ou neuf mille fois des jarretières ; mais. Comme voici déjà quarante ans que j'en mets.

J'ai cessé d'y trouver un intérêt immense.

Embrassons-nous.

DON ELISEO.

Ah çà, mais c'est de la démence 1 On ne se détrait pas sans dire au moins pourquoi ! Vous vous damnez. Et puis, que deviendrais-je, moi? Dites votre raison, au moins!

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