ACTE PREMIER
MAUVERGNAT.
Mon fils VOUS admire ! Et on veut que les pères aiment les enfants!
SGElNE III.
MAUVERGNAT, ARMAND, GENEVIÈVE, accom-
pagDée d'une gouTernante.
MAUVERGNAT, à part.
Mademoiselle Torelly !
Ma cousine! (s'incunant.) Mademoiselle...
GENEVIÈVE, un peu embarrassée.
Monsieur...
MAUVERGNAT, à part.
Celle qu'il laisse se marier demain, (ii im montre une
chaise.;
ARMAND, à part.
Bah ! (Allant à elle.) BOUJOUr, ma cousine, (n lui tend la main.)
GENEVIÈVE, donnant la sienne.
Bonjour, mon cousin, (a Mauvergnat.) Pardon, monsieur.
MAUVERGNAT, à part.
Ils vont causer. Écoutons. — Pourquoi vient-elle me
défier chez moi? (ll s'assied et fait semblant d'être occupé à des papiers.)
ARMAND, h Geneviève.
Je devrais vous en vouloir.
GENEVIÈVE
De quoi?
ARMAND
Quand ce ne serait que de me condamner à une prolongation de l'existence qui me mène !
Quelle existence?
ARMAND
Une existence qui semble agréable aux passants. En hiver Paris, en été les eaux, l'après-midi les courses ou le bois, le soir le ballet nouveau, la nuit les soupers et le jeu...
GENEVIÈVE
Mais cela vous fait beaucoup de raisons d'être heureux.
ARMAND
On n'est pas heureux pour beaucoup de raisons, on ne l'est que pour une. Quand on peut mettre tant de choses dans sa vie, c'est qu'elle est vide. La mienne l'est terriblement. Et ce n'est pas ce que je mets dedans qui la remplira. J'en connais des journées qui sonnent creux ! Tout s'en va de chez moi ; l'argent, ce n'est rien ; mais tout, l'activité, l'ambition d'être quelqu'un, la valeur morale. Vous voyez, je n'ai plus même de rancune. Un autre à ma place serait furieux, souhaiterait que votre mariage ne se fît pas, l'empê-