ACTE PREMIER
M AUVERGNAT, descendant de l'échelle.
Défense.
LOUIS, revenant à sa mère.
Il n'y a personne.
MADAME BERTEAU
Renonçons-y. (Genevière reparait derrière le paraven'.) LOUIS, à Mauvergnat.
Vous avez cru que nous tenions absolument à ce portrait. Comme je vous en ai offert deux fois plus que vous n'en demandiez, vous avez dû en conclure que nous le voulions à n'importe quel prix. Mais, sans entrer dans d'autres explications avec vous, voici ce que c'est. Je me marie demain...
MAUVERGNAT, à part.
C'est l'avocat !
LOUIS, regardant sa mère.
Alors ma mère a cherché quel cadeau pouvait m'être le plus précieux : elle m'a donné une bonne action à faire. Monsieur Louis Fontenay était un parent à nous qui avait quitté la France quand j'étais tout enfant, sans qu'on sût pourquoi, et dont on n'avait pas retrouvé la trace. C'est seulement l'autre semaine que ma mère, venue ici par hasard pour vous acheter des bijoux anciens, a vu ce portrait et a su de vous le retour de notre parent et le dénûment de ses dernières années. Elle a voulu me réserver de payer sa dette. Je l'aurais acquittée, et j'aurais ensuite acheté le portrait. Mais, à vous parler franchement, j'ai
trouvé que le taux de vos intérêts était un peu élevé, et qu'en ne le discutant pas je payais le portrait aussi. C'est pourquoi je l'ai évalué précisément au chififre de la dette. J'ai dit sept cent trente francs, je ne m'en dédis pas ; mais vous comprenez maintenant que je n'irai pas au delà.
M AUVERGNAT
Nous sommes à sept cent quarante.
LOUIS
Puisque vous ne voulez pas... (u va pour sortir.)
MADVERGNAT.
Sept cent quarante. Personne ne dit plus rien? Je vais adjuger. Une fois, deux fois...
LOUIS
Mais c'est insensé ! Vous ne retrouverez pas cette occasion.
M AUVERGNAT
Sept cent quarante. Personne n'en veut plus ? Pour la dernière fois, c'est non ?
GENEVIÈVE, se monirant.
Adjugé !
LOUIS
Vous ici !
Geneviève !
MADAME BERTEAU
GENEVIÈVE
Oui, Geneviève, (eue tend son front à madame Berteau, qui