‹ Théatre completChapitre 118 sur 176 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

l'embrasse.) Oui, moi ici. Il n'y a personne! c'est absurde! Je riais bien derrière la porte.

LOUIS

Mais comment étiez-vous là V

GENEVIÈVE

Ne m'aviez-vous pas dit hier soir ce que vous feriez ce matin? Et vous n'aviez pas eu seulement l'idée de m'y inviter ! Vous avez une bonne action, et vous ne m'en donnez pas la moitié ! Si vous croyez que je vous laisserai faire le bien sans moi ! Le mal, je n'en suis pas ; vous pourrez garder vos crimes pour vous tout seul. J'ai voulu vous punir. Mon oncle Eugène m'avait donné deux mille francs pour en faire ce qu'il me plairait. J'en ai déjà fait cela. Vous êtes arrivé un peu trop tôt, mon intention était d'acheter le portrait et de l'emporter. Vous ne l'auriez plus trouvé, et vous ne l'auriez plus revu que chez vous, ce soir. Vous n'auriez jamais deviné comment il y était venu.

Oh ! que oui.

GENEVIÈVE

Vous êtes entré au moment où je commençais, et vous m'avez fait concurrence. Heureusement que vous ne vous êtes pas entêté, vous m'auriez ruinée. J'étais résolue à enchérir toujours.

MAUVERGNAT, à part.

Si j'avais su !

MADAME BERTEAU

Chers enfants !

GENEVIÈVE, à Louis.

Me pardonnez-vous ma méchanceté?

LODIS.

Comme je vous aime!

GENEVIÈVE

Ce n'est pas ça que je vous demande. — Voyons, il s'agit de payer.

LOUIS, prenant son porte-monnaie.

C'est moi qui vais...

GEN EVikVE.

Non pas, monsieur ; le payement m'appartient. Tenez, je suis moins égoïste que vous, et je consens à partager. Nous payerons chacun moitié.

Chère femme !

GENEVIÈVE, donnant un billet à Mauvergnat.

Surtout, monsieur, ne le favorisez pas. Qu'il ne paye pas un sou de plus que sa part.

MAUVERGNAT.

Voici votre monnaie.

GENEVIÈVE

Merci.

MAUVERGNAT, à Louis.

Et voici la vôtre. — Puisque c'était votre parent...

MADAME BERTEAU

Partons. (Geneviève va vers le cabinet pour appeler madame Lambert. Louis la suit.)

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