‹ Théatre completChapitre 143 sur 176 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LOUIS, MAUVERGNAT.

LOUIS

Vite.

MAUVERGNAT.

Vous trouverez tout à l'heure que je suis allé assez vite. Monsieur, votre estimable empressement à payer le loyer d'un mort que vous n'avez pas connu, votre refus d'une cause lucrative, et d'autres belles actions qu'on m'a racontées de vous, m'ont donné de votre probité une idée...

LOUIS

Dispensez-moi de vos éloges. Au fait.

J'y suis, au fait. C'est votre probité qui me pousse à

une démarche dont je ne me dissimule pas la délicatesse et que je n'aurais pas faite auprès d'un autre. Mais il m'a semblé qu'une honnêteté comme la vôtre méritait d'être absolument sans tache et que je vous devais de vous avertir que vous retenez ce qui n'est pas à vous.

LOUIS

Je ne vous comprends pas.

M AUVERGNAT

Un hasard, heureux moralement, m'a mis dans les mains la preuve que votre fortune est à une autre.

LOUIS

Remarquez-vous que vous accusez mon père ?

MAUVERGNAï.

Votre père ?

LOUIS

Pour que je ne fusse pas légitime propriétaire de ce qu'il m'a laissé...

MAUVERGNAT.

Ah ! vous parlez de monsieur Berteau.

LOUIS

Sans doute, de monsieur Berteau. Je vous dis mon père ! — Il faudrait que ce qu'il m'a laissé il l'eût mal acquis. Et si vous aviez l'audace de dire cela... — Tenez, je ne m'en offenserais même pas.

Dieu me préserve de dire ou de penser du mal de monsieur Berteau! Je ne l'ai pas connu, mais je con-

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