ACTE DEUXIÈME
nais l'honorabilité de sa mémoire. Ce n'est pas de Thonorabilité qu'on se prépare en s'appropriant le bien d'autrui, et j'affirme hautement qu'il n'y a pas dans l'univers entier une fortune plus irréprochable que celle de monsieur Berteau.
LODIS.
Eh bien alors?
M AUVERGNAT
Voici une lettre,
LOUIS
De qui?
M AUVERGNAT
Vous allez la lire. — Vous n'ignorez pas sans doute que cette fortune qu'il vous a laissée, monsieur Berteau l'avait faite lui-même, et qu'ainsi elle n'appartenait qu'à lui?
LOUIS
Je le sais.
MAUVERGNAT.
Et que madame votre mère ne lui a rien apporté en se mariant, ni plus tard?
Je le sais ! — La lettre.
MAUVERGNAT.
Prenez.
LOUIS
Qu'y a-t-il dans cette lettre?
Lisez-la.
LOUIS
Certainement, je vais la lire ! Et tout de suite, tenez. C'est qu'il a l'air de croire que j'en ai peur, de sa lettre ! — Eh bien, non, je ne la lirai pas.
MADVERGNAT.
Croyez-vous ?
LOUIS
Pourquoi la lirais-je? Je ne comprends rien à vos paroles, mais j'y entrevois un malheur. Pourquoi le chercherais-je ? Je le repousse. S'il y a là une mauvaise nouvelle, je ne la saurai pas. Je suis dans le meilleur moment de ma vie, j'épouse une femme que j'adore et qui m'aime, je suis heureux, je n'ai pas besoin de votre lettre. Je ne la lirai pas.
MAUVE RGK AT.
Vous agirez comme il vous plaira. Moi, j'ai fait mon devoir. Sachant que vous déteniez le bien d'aurtui, je ne pouvais vous laisser dans l'ignorance sans devenir en quelque sorte votre complice. Je vous ai prévenu. Le reste regarde votre conscience.
Monsieur, je ne vous ai fait aucun mal. Je ne vous avais jamais vu quand je suis allé chez vous hier. Vous n'avez pas à m'étre reconnaissant de ce qui s'y est passé, mais cela n'a pas pu vous faire mon ennemi. Vous ne vous êtes certainement pas rendu compte de l'affreux coup dont vous me frapperiez. Je n'ai pas