II
GENEVIÈVE
Parce que, s'il revient sain et sauf, c'est là-bas qu'il reviendra, mais, s'il était blessé, ce serait ici.
MADAME BERTEAD.
Ce n'est pas vrai, je n'ai pas peur.
Croyez-vous que je ne vous devine pas? Croyez-vous que je n'éprouve pas les mêmes choses que vous? Vous voulez être là pour le soigner, pour questionner le médecin, pour qu'il se sente entouré et obligé de vivre. Eh bien, moi aussi. C'est ici que nous devons l'attendre. Si c'est chez mon père qu'il revient, nous serons joyeuses un peu plus tard; mais si c'est ici, il sera soigné un peu plus tôt.
MADAME BERTEAU
Eh bien ! oui, j'ai peur ! Eh bien ! oui, je me dis que, s'il est blessé, c'est ici qu'on le... non! qu'il reviendra, et je veux que son premier regard me voie. Je devrais vous fortifier, mais je ne peux pas. Je n'ai aucun courage. En arrivant ici, je n'ai pas osé demander en bas si on l'avait vu; j'ai passé rapidement devant la loge, et j'ai détourné la tête. Et quand nous sommes entrées dans sa chambre, j'ai fermé les yeux.
GENEVIÈVE
Et moi aussi.
MADAME BERTEAD.
C'est pour cela que je reste, et c'est pour cela que je voudrais vous voir retourner. Vous êtes à peine