‹ Théatre completChapitre 155 sur 176 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE COLONEL

C'est votre première affaire ?

LODIS.

Oui.

LE COLONEL

Bravo, mon gendre! Et contre un pilier de salle d'armes. J'ai tiré avec lui, il est de seconde force. Vous voilà posé!

GENEVIÈVE

C'est cela, encourage-le, pour qu'il recommence.

LE COLONEL

Il ne le fera plus. Mais, voyez-vous, ou n'a pas été soldat impunément. Au fond, elle-même vous sait gré de l'incident.

GENEVIÈVE

Oh! non, par exemple.

LE COLONEL

Elle ne dit pas ce qu'elle pense. Les femmes aiment que les hommes se battent.

GENEVIÈVE

Non, non, non.

Tu ne l'aimes pas davantage depuis qu'il s'est battu?

GENEVIÈVE

Non.

LE COLONEL

Il n'y en a déjà plus qu'un.

GENEVIÈVE

Mauvais père! — Au lieu de l'exciter au mal, tu ferais bien mieux de m'aider à le gronder d'une chose.

LE COLONEL

Tu as besoin qu'on t'aide? (a madams Berteau.) En êtesvous? — Nous voici trois, grondons-le. De quoi ?

GENEVIÈVE

D'être venu ici. Comment, monsieur, vous n'êtes pas blessé et c'est ici que vous venez ! Votre première pensée n'est pas d'accourir à nous, de faire cesser notre inquiétude, de vous montrer! Vous ne savez donc pas dans quel état nous étions? On vous pardonne parce que vous n'êtes pas blessé, mais vous mériteriez que nous fussions malades.

MADAME BERTEAU

C'est vrai, Louis, pourquoi es-tu venu ici? (u ne lui

répond pas.)

Comme c'est difficile à deviner! Pour se rajuster un peu. Assez grondé, tout est bien. Maintenant, Louis, rarrangez-vous, et partons.

LOUIS

Mais l'heure est passée ?

LE COLONEL

Le maire est un vieil ami à moi et veut bien se tenir à notre disposition toute la journée.

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