‹ Théatre completChapitre 166 sur 176 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

LE COLONEL

Que savez-vous?

M AUVERGNAT

Oh! presque rien. Le hasard a fait que j'étais ici ce matin quand monsieur Berteau a provoqué monsieur de Bray.

LE COLONEL

Quand monsieur Berteau a provoqué... Que ditesvous donc?

M AUVERGNAT

Voici, en propres termes, comment les choses se sont passées. J'étais dans ce salon avec monsieur Berteau. Monsieur de Bray est entré par cotte porte, tranquillement, comme nous entrerions, vous ou moi. Monsieur Berteau lui a dit: Vous êtes un lâche! Monsieur de Bray a été tout surpris. Imaginez-vous que vous entrez dans un salon et qu'on vous insulte; il s'est fâché, naturellement, vous comprenez ça, vous, et ils ont fait leurs conditions.

LE COLONEL

Pourquoi monsieur Berteau aurait-il insulté monsieur de Bray?

M AUVERGNAT

C'est ce que j'ignore.

Vous étiez ici ce matin. Qui êtes-vous?

MAUVERGNAT.

Un simple marchand. Mauvergnat, rue Mouffetard. S'il vous faut jamais des...

LE COLONEL

Et que faisiez-vous chez moi?

MAUVERGNAT.

J'étais venu traiter une petite affaire avec monsieur Berteau.

LE COLONEL

Le jour de son mariage ! au moment de la mairie ! Et il vous avait reçu !... — Et ce soir, quelle affaire venez-vous traiter ?

MAUVERGNAT.

Oh! monsieur le colonel!

LE COLONEL

Yous ne vous êtes pas dérangé uniquement pour me dire, dans l'intérêt de monsieur Berteau, que monsieur Berteau a été le provocateur,

MAUVERGNAT.

Quelquefois un petit fait en trahit un grand.

LE COLONEL

Vous en savez plus que vous n'en dites.

MAUVERGNA T.

Non.

LE COLONEL

Vous dites mal ce non-là.

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