‹ Théatre completChapitre 168 sur 176 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MAUVERGNAT.

Je ne suppose rien. Je ne fais jamais de suppositions; elles vous entraînent toujours trop loin, et l'on se trouve insensiblement avoir offensé des personnes...

LE COLONEL

Qui voulez-vous que cette lettre offense, sinon monsieur Berteau, qui en a demandé satisfaction à celui qui l'avait écrite? Car elle était certainement de monsieur de Bray. Vous avez cru reconnaître une écriture de femme, mais vous vous êtes trompé. Vous haussez les épaules?

MADVERGNAT.

Sans m'en apercevoir.

LE COLONEL, à lui-même.

Une lettre de femme après laquelle il y aurait nécessité de duel et impossibilité de mariage! De qui serait-elle? Il a parlé tout à l'heure de l'honneur d'une... — Est-ce que...?

MAUVERGNAT, à part.

Allons donc !

LE COLONEL

Est-ce que vous oseriez dire...?

Notez que je ne souffle pas une syllabe.

LE COLONEL

Est-ce que vous auriez Taudace de prétendre que cette lettre...?— Tu mens!

MAUVERGKAT, ù part.

C'est lancé.

SCKNE IV.

Les Mêmes, GENEVIÈVE.

LE COLONEL

Tu mens ! ma fille aurait écrit... à qui? h ce de Bray ? à personne !

GENEVIÈVE

Ne te fâche pas, père ! en voulant être méchant, cet homme nous aura rendu service.

MADVERGNAT.

C'était bien mon intention.

GENEVIÈVE. (Elle va à une table et écrit. — A son père.)

J'ai bien compris, n'est-ce pas? Ce serait une lettre écrite par moi à monsieur de Bray qui aurait éloigné

Louis? (Elle plie, cachette et sonne. Au domestique qui entre.) Portez ceci bien vite.

LE COLONEL

A qui écris-tu?

Louis douter de moi? Louis me condamner sans

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