GENEVIÈVE, LE COLONEL, ARMAND
ARMAND
Mon oncle, je venais vous expliquer ce qui s'est passé ce matin, quand j'ai rencontré l'homme qui sort d'ici. Il a osé... ! Il ne s'agit plus de moi, il s'agit de ma cousine. J'accours vous aider à faire justice de l'abominable mensonge de ce misérable !
LE COLONEL
En supposant que j'acceptasse de vous un service, que pourriez-vous?
ARMAND
Témoigner que la lettre remise à monsieur Berteau...
LE COLONEL
Ail! il y a une lettre!
ARMAND
Oui, et c'est évidemment cette lettre qui a fait tout le mal.
LE COLONEL
Qu'était-ce que cette lettre? (Geneviève se retourne et fait un pas.)
ARMAND
Je rignore. (Generiève se remet à la fenêtre.) LE COLONEL.
Vous l'ignorez?
ARMAND
Oui. Mais qu'importe ce qu'elle était! Je témoignerai que ma cousine ne m'a jamais écrit. Et j'ajouterai que le mensonge de ce drôle me calomnie autant qu'elle. Je ne me surfais pas et j'ai pu faire quelquefois des choses dont je me suis repenti après ; encore ce matin, une dette qui me talonnait, une espérance stupide et surtout la damnable légèreté de mon caractère m'ont étourdi sur le danger qu'il y avait à lâcher un Jlauvergnat dans une famille; mais quand même la lettre remise à M. Berteau aurait été ce qu'elle n'était pas et ce qu'elle ne pouvait pas être, livrer à un homme une lettre qu'une femme m'aurait écrite! une jeune fille! Je déclarerai hautement que celui qui dirait cela de moi dirait une fausseté que je souffletterais sur ses deux joues !
LE COLONEL
C'est ce que vous seriez obligé de faire si cet