LE COLONEL, ARMAND, GENEVIÈVE, LOUIS
GENEVIÈVE
Louis, vous ne savez pas comment on explique la rupture de notre mariage? On dit que vous m'avez repoussée comme indigne de vous. Vous auriez eu la preuve de ma déloyauté dans une lettre écrite par moi à un autre. Je n'ai pas admis un seul instant que vous ayez pu douter de moi. Mais tout le monde ne vous connaît pas, et ne me connaît pas. Cela peut donc se répandre. Je vous le dis simplement et je me confie à votre conscience et à votre tendresse pour moi.
LOUIS
Mademoiselle, que le mot déloj\^uté puisse être associé îi votre nom, c'est là une chose que je devrais concevoir difficilement. Mais il existe des monstres. Une telle calomnie ne monte pas jusqu'à vous, et vous vous passez d'être défendue. Il n'y a en ceci d'offensé que moi, qu'on ose accuser d'avoir mal pensé de vous. C'est donc pour moi, et pour moi seul, que je déclare ici, comme je le déclarerai partout, que vous êtes à mes yeux la plus pure des jeunes filles et que, si j'avais une sœur, je souhaiterais qu'elle vous ressemblât.
GENEVIÈVE
Louis, j'étais sûre de votre réponse, et je ne vous en remercie même pas. Mais vous allez comprendre qu'elle ne m'a pas justifiée. Supposez-moi coupable, qu'est-ce que vous feriez? Vous vous retireriez, et, comme vous êtes bon, vous ne diriez pas pourquoi. C'est précisément ce que vous faites. Vous ne pouvez me justifier qu'en disant votre vrai motif.
LOUIS
Mademoiselle, celui qu'on mêle à ce mensonge, nommez-le-moi, et je vous promets qu'il le démentira.
ARMAND
Je ne vous ai pas attendu pour le faire.
LOUIS, a Genevitve.
Eh bien?
GENEVIÈVE
L'attestation de monsieur prouve encore moins que