‹ Théatre completChapitre 175 sur 176 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

mais je ne puis laisser mépriser mademoiselle à ma place, (Armand va pour sortir.) NoD, il faut un témoin. Restez.

LOUIS

Ma mère! (u se place prts d'elle comme pour la protéger.)

MADAME BERTEAU

Louis, dans sa probité, a jugé qu'il ne devait pas garder l'héritage de celui — qui n'était pas son père. Il rend sa part à la sœur de monsieur Berteau,

LOUIS

Ma mère aussi rend la sienne!

MADAME BERTEAU

Il ne pouvait donc plus épouser mademoiselle Torelly, et il ne pouvait pas dire pourquoi sans me dénoncer, Voilù, le supplice qu'il subissait tout à l'heure. Il était entre l'honneur de celle qui a été sa fiancée et l'honneur de sa mère. Pardonne-moi cela encore, mon enfant, (a Armand.) Monsieur, vous redirez tout ce que vous venez d'entendre. Je vous y autorise et je vous en prie. Vous m'aiderez à accomplir un devoir. Justifiez mademoiselle et condamnez-moi. Vous aurez mes remercîments et l'assentiment de mon fils.

ARMAND

Madame, qu'un autre s'en charge. Je sais trop, par expérience, combien les fautes sont faciles à commettre pour me souvenir même des miennes, et je ne me rappellerai que la loyauté et la noblesse dont vous venez de faire acte devant moi.

LOUIS

Viens, ma mère.

MADAME BERTEAU

Adieu, messieurs. Adieu, mademoiselle.

LOUIS

Adieu, mademoiselle. (ll salue le colonel et s'en va avec sa m^re.)

GENEVIÈVE, sanglotant.

Père! ( Louis et madame Berteau sont déjà i\ la porte.) LE COLONEL.

Madame, il ne sera pas dit que vous aurez fait cela pour mon enfant et que je n'aurai rien fait pour le vôtre. Je donne ma fille à votre fils.

GENEVIÈVE

Papa ! (Elle se jette à son cou et l'embrasse avec frénésie.)

Si tu crois que c'est moi que tu embrasses!

ARMAND

Ah çà, maissuis-je bête, je suis content!

LE COLONEL

Louis, embrassez votre femme.

LOUIS

Monsieur, si je suis touché profondément de votre générosité, je n'ai pas besoin de vous le dire. Mais...

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