SCÈNE II
FIDELINE, seule.
Toujours, toujours ensemble!
Beppo l'aimer ait-il? Que m'importe! Il me semble Que je souffre... Mais non... 0 cœur irrésolu! Beppo me suppliait et je n'ai pas voulu, Et maintenant ! . . . — Qu'il donne à qui lui plaît son âme ! Non, je ne l'aime pas. Mais je hais cette femme. Elle est jolie, eh bien! sa beauté me déplaît. Elle est très jeune. Elle a bien l'air de ce qu'elle est! Elle me le traînait jusque sous ma terrasse. Je ne dois pas souffrir qu'elle m'insulte en face, Je les séparerai. Rien que pour me venger De Lydia; car lui, certes, il peut changer. Tant mieux, je lui permets d'aimer toutes les femmes; Excepté celle-là. — Nous, nous serions infâmes Pour un amant; ils ont des maîtresses, c'est bien. — L'aime-t-il? ou n'est-elle, en effet, qu'un moyen De me rendre jalouse? Oh! c'est pour me soumettre Qu'il l'a prise. Oui, d'abord; mais maintenant, peut-être. Non, l'on ne change pas du jour au lendemain. L'a-t-on calomnié, ce pauvre cœur humain! Je n'ai qu'à dire un mot, et Beppo la renvoie Sur-le-champ, et retombe à mes pieds, plein de joie.
Je ne le dirai pas! Il se trompe s'il croit
Qu'il me fera plus tendre en se faisant plus froid.
Mais cette Lydia, qui fait ce personnage !
Qui prête sa beauté! quelle honte! à son âge!
Elle ne voit donc pas qu'elle se perd? J'aurai
Pitié de cette enfant : je les séparerai.
Parait Troppa, conduit par le valet qui a parlé à Fideline.