ACTE DEUXIÈME
FIDELINE.
Au moins, si vous allez au bal, quoi qui vous choque, Si quelque mot ou bien quelque regard se moque, Ayez Tair de ne pas vous en apercevoir. — Vous venez de Milan?
TROPPA.
Oui, j'arrive ce soir.
F IDELINE.
Avez-vous vu quelqu'un jusqu'ici?
TROPPA.
Non, personne Encor.
FIDELINE.
Continuez. La solitude est bonne.
Vivez chez vous. Le monde a ses ennuis. Souvent, Pour ma part, en plein bal, j'ai rêvé le couvent. Ne sortez plus. Il est des bonheurs dans l'étude. Vous lirez.
TROPPA.
Je n'ai pas cette sombre habitude.
FIDELINE.
Vous n'êtes pas, au reste, abandonné de tous. Et plusieurs, dont je suis, prennent parti pour vous. Vous avez été mal pour moi dans cette affaire : Quand on est mal pour vous, j'aurais droit de me taire ; Mais je suis trop vengée et n'en voulais pas tant. On tombe quelquefois dans les pièges qu'on tend.
Je vous défends. C'est vrai que vous fûtes crédule ; Mais un ami vous rendre à ce point ridicule!
TROPPA.
Où donc sont les rieurs, que je les tue un peu !
!■ IDELINE.
On ne peut pas tuer tout le monde.
TKOPPA.
Mort-Dieu !
Nous verrons! Et quel est cet ami qui fait rire De Troppa?
FIDELINE.
Beppo, certe, a tort...
TROPPA, à part,
Ah! je respire!
C'est Beppo ! L'on voudrait nous brouiller, je comprends ! Elle ment.
FIDELINE.
Oui, les torts de Beppo...
TROPPA.
Sont très grands.
Il me perce le cœur : il vous est infidèle! Sa passion pour vous s'enfuit à tire-d'aile : Il faut évidemment que j'aille me cacher. Ceux que vos yeux ont pris peuvent s'en arracher : C'est très humiliant pour moi. Vous dédaignée : Vite un trou noir avec des toiles d'araignée. Beppo vous abandonne : il m'en rendra raison!