ACTE PREMIER
BRUEL
Comment! parce qu'il ne lui rendait que du mal?
Oui! Je comprends Tidée d'Andrée. C'est évident!
BRUEL
Vous comprenez qu'on garde un enfant étranger parce qu'il est méchant?
MADAME GERVAIS
Sans doute! Un enfant qui est méchant... eh bien, il était méchant quand on l'a pris... et, puisqu'on l'a pris méchant... N'importe! je comprends.
BRUEL
Je n'ai pas votre intelligence. (Regardant la pendule.) Une heure un quart! Ma foi, votre médecin ne vient pas, je cours chez Vincent.
MADAME GERVAIS, se rappelant vaguement le nom.
Vincent?
BRUEL
Oui, celui que j'attendais. Je ne comprends pas qu'il ne soit pas venu, ou qu'il n'ait pas envoyé. Il m'avait promis absolument.
MADAME GERVAIS
Vincent? attendez donc ! (EUe prend les cartes sur la table et cherche ; ne trouvant pas la carte de Vincnt, elle unit par s'apercevoir qu'elle s'en est servie pour sa lain°.)
BRUEL
Eh bien?
76 JEAN BAUDRY
C'est amusant! il va falloir que je défasse ma laine! Vous êtes insoutenable !
BRU EL
Vous me querellez, donc vous avez un tort envers moi.
Vous êtes impossible !
BRUEL
Vincent est venu !
MADAME GERVAIS, défaisant sa laine.
Vous parlez d'une lettre du Havre qui n'arrive pas, et ensuite c'est quelqu'un de Paris, comment voulezvous qu'on s'y retrouve? Si vous m'aviez dit: J'attends Vincent! — Sans doute, il est venu.
BRUEL
Et on ne me l'a pas dit !
MADAME GERVAIS
Il a laissé sa carte, avec un mot d'écrit.
BRUEL
OÙ est-elle?
JIADAME GERVAIS.
La voici.
BRUEL, lisant.
« Jusqu'il une heure. » Trop tard! N'importe, j'y cours.
LA SERVANTE, annonsnnt.
Monsieur le docteur ! (EUe son.)
BRU EL, à madame Gervais.
Il devrait bien vous guérir de vos distractions!
MADAME GERVAIS
Et VOUS, de votre impertinence!
BRU EL, à Olivier qui entre.
Vous allez bien? Vous n'avez rien reçu de Baudry?
OLIVIER
Rien.
BRUEL
Pardon si je sors quand vous entrez, mais je suis nécessaire dehors. A bientôt, (ii son.)