SCÈNE III
JEAN BAUDRY, ANDRÉE
JEAN BAUDRY
Mademoiselle... (n va à eUe etlul serre la main.' ANDRÉE.
Quelle bonne surprise vous nous faites!
Votre père est ici?
ANDRÉE
Non, mais il va rentrer.
8(i .IRAN BAUUJiï.
JKAN IJAUDRY.
Ce n'était donc i>as lui qui sortaitavec votre tante?
ANDRÉE
C'était monsieur Olivier.
JEAN BAL DRV.
Olivier! Et il s'en va quand j'arrive?
ANDRÉE
Mais vous le verrez, n'est-ce pas?
JEAN 13AUDRY
Je crois bien que je le verrai!
ANDRÉE
Ah! vous avez bien fait de venir!
JEAN BAUDRV,
Vous savez pourquoi je suis venu?
ANDRÉE, embarrassée.
Je supposais...
JEAN BAUDKV.
Vous supposiez?
ANDRÉK.
Que vous étiez venu pour inonsieur Olivier.
JEAN BAI DRY
Pour Olivier? a-t-il donc besoin de moi?
ANDRÉE
Oh! oui, il a besoin de vous.
ACTK PKEiMlKli. 87
Dites vite.
ANDRÉE
Depuis quelques semaines, il est triste et découragé. Les premiers jours que j'étais ici, il semblait heureux, il aimait Tavenir ; maintenant, il blâme tout, il veut être riche, il renonce à la médecine, il vous évite, il ne croit pas que personne l'aime, il est très méchant. Ne lui dites pas que je l'ai dénoncé, mais il est indispensable que vous lui parliez.
JEAN BACUF.Y.
Certes, je lui parlerai! Olivier malheureux! Ah bien! vous me payez comptant la nouvelle que j'apporte.
ANDKÉE.
Quelle nouvelle V
JEA-\ BAL' DR Y.
Votre père va rentrer?
C'est à mon père que vous apportez une nouvelle ? Et vous venez tout exprès du Havre? Elle est donc mauvaise !
JEAN BAUDRY
Nous le sauverons.
ANDRÉE
11 est en danger !
88 JEAN BAUDUY.
JEAN BAUDRY
Soyez tranquille, me voici.
ANDRÉE
Monsieur, je vous en prie, dites-moi tout. J'ai perdu ma mère tout enfant, alors j'aime mon père pour deux. Il aura besoin d'être consolé, ne me cachez rien. J'ai de la force. Je peux supporter tous les chagrins, même ceux de mon père.
JEAN BAUDRY
C'est vrai, je sais quelle noble et brave nature vous êtes. Et votre père n'aura pas trop de nous deux. Écoutez donc. Mais vous ne savez pas comme cela m'est dur de vous affliger. Pardonnez-moi ce que je vais vous apprendre.
ANDRÉE
Je vous en remercie.
JEAN BAUDRY
Vous êtes ruinée.
Mon pauvre père!
JEAN BAUDRY
Vous savez, le commerce ! Il a eu du malheur. Depuis plusieurs années. Ses spéculations n'ont pas réussi. Un associé l'a volé. Vous avez dû le trouver inquiet ces jours-ci; il était tourmenté d'un navire qui était sa dernière chance et qui n'arrivait pas. Par la négligence d'un commis, le Neptune n'avait pas été assuré. Quand votre père s'est aperçu de cette