‹ Théatre completChapitre 63 sur 176 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JEAN BAUDRY

Alors, VOUS ne pourriez pas empêcher votre gendre de s'occuper du nom de sa femme et d'y tenir plus qu'à quelques sacs d'écus. Ce ne serait plus pour un autre qu'il payerait, mais pour lui-même, et ça ne vous regarderait même plus.

BRUEL

Vous connaissez quelqu'un de riche qui demanderait Andrée maintenant?

JEAN BAUDRY

Peut-être.

BRUEL

Qui la demanderait, la sachant ruinée?

JEAN BAUDRY

S'il ne la savait pas ruinée, il ne la demanderait pas.

BRUEL

Qui?

JEAN BAUDRY

C'est... Mais avant de vous dire son nom, je vous conjure une dernière fois d'accepter l'offre que je vous ai faite. Laissez-moi vous aider, vraiment, je vous en prie.

BRUEL

Ne revenons pas là-dessus. Je vous ai dit mon dernier mot.

JEAN BAUDRY

Alors, il faut parler. Mais mademoiselle Andrée se

souviendra que j'ai insisté, et que ce n'est pas ma faute s'il n'y a plus au monde que ce moyen de sauver son père. Eh bien! je parle. Celui qui... — Non, j'ai quarante-six ans, et je n'oserai jamais!

ANDRÉE

Mon père, je vous demande de me laisser épouser monsieur Baudry.

JEAN BAUDRY

Vrai?

BRDEL.

C'est donc vous?

JEAN BAUDRY, à Andrée.

Vous n'oublierez pas que j'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas être heureux?

ANDRÉE

Vous êtes le plus noble des hommes.

BRUEL

Cher Baudry!

JEAN BAUDRY, à Andrée.

Vous ne m'en voulez pas trop de n'avoir que ce moyen de sauver votre père?

ANDRÉE

Je serai fière d'être votre femme.

JEAN BAUDRY

Vous, ma femme! Est-ce possible? Vous, Bruel, qui êtes de sang-froid, dites-moi que c'est possible. Mais ne me le dites pas tout haut. Parlons bas. Je l'ai si

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