‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 105 sur 459 · II E R H 1 0 N E · texte numérisé non relu

II E R H 1 0 N E

Seigneur, dans cet aveu dépouillé d'artifice, J'aime à voir que du moins vous vous rendiez justice, Et que, voulant bien rompre un nœud si solennr! , Vou!5 vous abandonniez au crime en criminel. Est-il juste, après tout, qu'un conquérant s'abaissa Sous la servile loi de garder sa promesse? Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter; Et vous ne me cherchez que pour vous en vanter. Quoi! sans que ni serment ni devoir vous retienne. Rechercher une Grecque, amant d'une Troyenne ; Me quitter, me reprendre , et retourner encor De la fille d'Hélène à la veuve d'Hector; Couronner tour à tour l'esclave et la princesse; Immoler Troie aux Grecs, au fils d'Hector la Grèce! Tout cela part d'un cœur toujours maître de soi , D'un héros qui n'est point esclave de sa foi. Pour plaire à votre épouse , il vous faudroit peut-être i rodiguer les doux noms de parjure et de traître. Vous veniez de mon front observer la pâleur, Pour aller dans ses bras rire de ma douleur. Pleurante après son char vous voulez qu'on me voiej Mais, seigneur, en un jour ce seroit trop de joie; Et sans chercher ailleurs des titres empruntés , Ne vous sulti-11 pas de ceux que vous portez?

Page 1