‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 106 sur 459 · ACTE XV. igg · texte numérisé non relu

ACTE XV. igg

Do TÎeux père d'Hector la valeur abattue Aux pieds de sa famille expirante à sa vue. Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avoit glaci ; Dans des ruisseaux de sang Troie ardente plongée j De votre propre main Polyxène égorgée Alix yeux de tous les Grecs indignés contre vous : Que peut-on refuser à ces généreux coups I

PÏRRHBS.

Madame, Je sais trop à quel excès de rage

La vengeance d'Hélène emporta mon courage s

Je puis me plaindre à vous du sang que J'ai versé ;

Hais enfin je consens d'oublier le passé.

Je rends grâces au ciel que votre indifférence

De mes heureux soupirs m'apprenne l'innocence.

Mon cœur, je le vois bien, trop prompt à se gêner,

Devo-* mieux vous connottre et mieux s'examiner.

Mes reiiiords vous faisoient une injure mortelle;

Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.

Vous ne prétendiez point m'arréter dans vos fers :

Je crains de vous trahir, peut-être Je vous sers.

Nos cœurs n'éioient point faits dépendants l'un de Tautra :

Je sut vois mon devoir, et vous cédiez au vôtre :

Rien ne vous engageoii à m'aimer en effet.

IIERUIONE.

Je ne t'ai point aimé, cruel ! Qu'ai-Je donc fait? r*i dédaigné pour toi les vœux de tous nos princes j Je t'ai cherché moi-même au fond de tes provinces j Ty suis encor, malgré tes infidélités, Et malgré tous mes Grecs honteux de mes bonté». Je leur ai commandé de cac»:er mon injure; Tattendois en secret le retour d'un parjure; J'ai cru que tôt ou tard , à ton devoir rendu , Tu me rapportcrois un cœur qui m'étoit dû. Je t'aimois inconstant; quaurois-je fait fidèle? Et même en ce moment où ta bouche cruelle Vient si tranquillement m'annoncer le trépas. Ingrat, Je doute encor si je ne t'aime pas. Mais, seigneur, s'il le faut, si le ciel en colère Réserr* h d'autres yeux la gloire de vous pla;re. Achevez votre hymen , J'y consens ; mais du moiu Ne foKee pas mes yeux d'en être les témoins.

170 ANDROMAQUE

Pour la dernière fois je vous parle peut-être.

Différez-le d'un jour, demain vous serez maître...

Vous ne répondez point? Perfide, je le voi :

Tu comptes les moments que tu perds avec moi I

Ton cœur, impatient de revoir ta Troyenne,

Ne souffre qu'à regret qu'une autre t'entretienne.

Tu lui parles du cœur, tu la cherchos des yeux.

Je ne te retiens plus , sauve-toi de ces lieux ;

Va lui jurer la foi que tu m'avois jurée;

Va profaner des dieux la majesté sacrée :

Ces dieux, ces justes dieux n'auront pas oublié

Que les mêmes serments avec moi t'ont lié.

Porte au pied des autels ce cœur qui m'abandonne;

Va, cours; mais crains encor d'y trouver Hermione.

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