ACTE PREMIER
De lâches courtisans peuvent bien le haïr ; Mais une mère enfin ne peut pas se trahir.
ANTIGONE
f os intérêts ici sont conformes aux nôtres , Les ennemis du roi ne sont pas tous les vôtres { Créon, vous êtes père, et, dans ces ennemis, Peut-être songez-vous que vous avez un fils. On sait de quelle ardeur Hémon sert Polynice.
CRÉON
Oui, je le sais, madame , et je lui fais justice ; Je le dois, en effet, distinguer du commun. Mais c'est pour le hair encor plus que pas un : Et je souhaiterois , dans ma juste colère. Que chacun le haït comme 1-3 hait son père.
ANTIGONE
Après tout ce qu'a fait la valeur de son bras ,
Tout le monde, en ce point, ne vous ressemble pas.
CRÉON
Je le vois bien , madame , et c'est ce qui m'afQige : Mais je sais bien à quoi sa révolte m'oblige ; Et tous ces beaux exploits qui le font admirer, Cest ce qui »ue le fait justement abhorrer. La honte suit toujours le parti des rebelles : Leurs grandes actions sont les plus criminelles ; Ils signalent leur crime en signalant leur bras , Et la gloire n'est point où les rois ne sont pas.
ANTIGONE
Écoutez un peu mieux la voix de la nature. ;