‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 14 sur 459 · OR ÉON · texte numérisé non relu

OR ÉON

Plus l'offenseur m'est cher, plus je ressens l'injure.

ANTIGON E.

Mais un père à ce point doit-il être emporté? Vous avez trop de haine .

CRÉON

Et vous trop de bonté. Cest trop parler, madame, en faveur d'un rebelle.

ANTIGONE

L'innocence vaut bien que l'on parle pour elle.

CRÉON

Je sais ce qui le rend innocent à vos yeux.

ANTIGONE

Et je sais quel sujet vous le rend odieux.

, CRÉON

1 L'amour a d'autres yeux que le commun des hommes.

JOCASTE

Vous abusez, Créon, de l'état où nous sommes;

Tout vous semble permis ; mais craignez mon courroux

Vos libertés enfin retoraberoient sur vous.

ANTIGONE

L'intérêt du public agit peu sur son âme, Kt l'amour du pays nous cache une autre flamme. Je la sais; mais, Créon, j'en abhorre le cours, Lt vous ferez bien mieux de la cacher toujours.

CR^ON

Je le ferai, madame, et je veux par avance Vous épargner encor jusques à ma présence. Aussi bien mes respects redoublent vos mépris, Et je vais faire place à ce bienheureux fils. Le roi m'appelle ailleurs, il faut que j'obéisse. Adieu. Faites venir Hémon et Polynice.

JOCASTE

N'en doute pas , méchant , ils vont venir tous deux ; Tous deux ils préviendront tes desseins malheureux.

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