‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 18 sur 459 · ACTE II. t · texte numérisé non relu

ACTE II. t

Mon père , chor Hémon , vous va perdre aujourd'hui ; Et je vous perds peui-être encore plus que lui *. Le ciel punit sur vous et sur votre famille, Et les crimes du père et l'amour de la fille; Et ce funeste amour vous nuit encore plus Que les crimes d'OEdipe et le sang de Laïus.

HÉMON

Quoi ! mon amour, madame? Et qu'a-t-il de funesteî

Est-ce un crime qu'aimer une beauté céleste?

Et puisque sans colère il est reçu de vous ,

En quoi peut- il du ciel mériter le courroux?

Vous seule en mes soupirs êtes intéressée :

C'est à vous à juger s'ils vous ont offensée :

Tels que seront pour eux vos arrêts tout-puissants,

lisseront criminels, ou seront innocents.

Que le ciel à son gré de ma perte dispose *,

J'en chérirai toujours et l'une et l'autre cause.

Glorieux de mourir pour le sang de mes rois.

Et plus heureux encor de mourir sous vos lois. j

Aussi bien que ferois-je en ce comnHin naufrage;? I

Pourrois-je me résoudre à vivre davantage?

En vain les dieux voudroient différer mon trépas.

Mon désespoir feroit ce qu'ils ne feroient pas.

Mais peut-être, après tout, notre frayeur est vaine;

Attendons.... Mais voici Polynice et la reine.

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