‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 181 sur 459 · AGRIPPINE, JUNIE · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, JUNIE

AGRIPPINB.

Madame, ou je me trompe, ou durant vos adieux Quelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux. Puis-je savoir quel trouble a formé ce nuageî Doutez-vous d'une paix dont je fais mon ouvrage 7

JDNIE.

Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés,

Ai-je pu rassurer mes esprits agités?

Hélas! à peine encor je conçois ce miracle.

Quand même à vos bontés je craindrois quelque obstacle,

Le changement, madame, est commun à la cour;

Et toujours quelque crainte accompagne l'amour.

AGRIPPINE

Il suffit, j*ai parlé, tout a changé de face :

Mes soins à vos soupçons ne laissent point de place.

Je réponds d'une paix jurée entre mes mains;

Néron m'en a donné des gages trop certains.

Ah ! si vous aviez vu par combien de caresse»

Il m'a renouvelé la foi de ses promesses ;

Par quels embrassements il vient de m'arrëter !

Ses bras , dans nos adieux , ne pouvoient me quitter.

Sa facile bonté, sur son front répandue.

Jusqu'aux moindres secrets est d'abord descendue i

Il s'épanchoit en fils qui vient en liberté

Dans le sein de »a mère oublier sa fierté.

Mais bientôt reprenant un visage sévère,

Tel que d'un empereur qui consulte sa mère ,

Sa confidence auguste a mis entre mes mains

Des secrets d'où dépend le destin des humain».

Non, il le faut ici confesser à sa gloire.

Son cœur n'enferme point un^ malice noire;

Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté «

AbuBoient contre nous de sa facilité :

ACTB V. 299

Mds enfin, h son tour, leur puissance décline; Rome encore une fois va connoltre Agrippine; Déjà de ma faveur on adore le bruit.

Cependant en ces lieux n'attendons pas la nuit t Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste D'un Jour autant heureux que je l'ai cru funeste. Mais qu'est-ce que j'entends ! Quel tumulte confus I Que peut-nn faire?

JDNIE.

0 ciel! sauvez Britannicusl

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