TITUS, BÉRÉNICE, PAULIN, PHÉNICB
BÉRÉNICE
Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.
Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée, Est-il juste, seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment ! Mais, seigneur (car je sais que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connolt tout le mystère). Votre deuil est fini, rien n'arrête vos pas. Vous êtes seul enfin , et ne me cherchez pas ! J'entends que vous m'offrez un nouveau diadème. Et ne puis cependant vous entendre vous-même. Hélas! plus de repos, seigneur, et moins d'éclat : Votre amour ne peut-il paroltre qu'au sénat? Ah, Titus! (car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte) De quel soin votre amour va-t-il s'importuner? N'a-t-il que des États qu'il me puisse donner? Depuis quand croyez-vous que ma grandeur me touche? Un soupir, un regard, un mot de votre bouche, Voilà l'ambition d'un cœur comme le mien : Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien. Tous vos moments sont-ils dévoués à l'empire?