ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE
ACOMAT
Enfla, nos amants sont d'accord, Madame ; un calme heureux nous remet dans le [tort. La sultane a laissé désarmer sa colère; Elle m'a déclaré sa volonté dernière; Et, tandis qu'elle montre au peuple épouvanté Du prophète divin l'étendard redouté, Qu'à marcher sur mes pas Bajazet se dispose Je vais de ce signal faire entendre la cause , Remplir tous les esprits d'une juste terreur. Et proclamer enfin le nouvel empereur.
Cependant permettez que je vous renouvelle Le souvenir du prix qu'on promit à mon zèle. N'attendez point de moi ces doux emportements. Tels que j'en vois paroître au cœur de ces amants; Mais si, par d'autres soins, plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage. Tel que nous le devons au sang de nos sultans , Je puis...
ATALIDE
Vous m'en pourrez instruire avec le temps. Avec le temps aussi vous pourrez me connoitre. Mais quels sont ces transports qu'ils vous ont fait paroître?
ACOMAT
Madame, doutez- vous des soupirs enflammes De deux jeunes amants l'un de l'autre charmés?
ATALIDE
Non; mais, à dire Traî, ce miracle m'étonne.