ACTE III
Et d:t-on à quel prix Roxane lui pardonnnT L*épouse-t-il enfin ?
ACOUAT.
Madame, je le croL Voici tout ce qui vient d'arriver devant moi s Surpris, je l'avouerai, de leur fureur commune. Querellant les amants, l'amour et la fortune, J'étois de ce palais sorti désespéré.
Déjà, sur un vaisseau dans le port préparé. Chargeant de mon débris les reliques plus chères. Je méditoi^ ma fuite aux terres étrangères. Dans ce triste dessein au palais rappelé , Plein de joie et d'espoir, j'ai couru, j'ai volé. La porte du sérail à ma voix s'ei>i ouverte. Et d'abord une esclave à mes yeux s'est offerte. Qui m'a conduit sans bruit dans un appartemtuit Où Roxane attentive écoutait son amant.
Tout gardoit devant eux un auguste silence: Moi-même, résistant à mon impatience.
Et respectant de loin leur secret entretien , J'ai longtemps, immobile, observé leur maintien. Enfin, avec des yeux qui découvroient son âme, L'une a tendu la main pour gage de sa flamme; L'autre, avec des regards éloquents, pleins d'amour, L'a de ses feux, madame, assurée à son touc
ATALI0E.
Hélas 1
ACOUAT.
Es m'ont alors aperçu l'un et l'autre.
• Voilà, m'a-t-elle dit, votre prince et k notre. o Je vais, brave Acomat, le remettre en vos mains. « Allez lui préparer les honneurs souverains; « Qu'un peuple obéissant l'atiende dans le temple : « Le sérail va bientôt vous eu donner l'exemple. • Aux pieds de Bajazet alors je suis tombé ; Et soudain à leurs yeux je me suis dérobé : Trop heureux d'avoir pu, par un récit tiùtle. De leur paix, en passant, vous conter la nouvelle. Et m'acquitter vers vous de mes respects profonds ^ I Je vais le couronner, niadarae, et j'en réponds.
1. On ne dit pis if acquitter de ta rtspcctt, comme on dit s'acqtritt;: dt $et dtvoirt. (D'Ouver.)
400 BAJAZET