ACTE CINQUIÈME SCÈNE I
ATALIDE
Hélas! Je cherche en vain : rien ne s'offre à ma vue. Malheureuse! Comment puis-je l'avoir perdue? Ciel , aurois-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour? Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale? J'étois en ce lieu même ; et ma timide main , Quand Roxane a paru , l'a cachée en mon sein. Sa présence a surpris mon àme désolée; Ses menaces, sa voix , un ordre m'a troublée : J'ai senti défaillir ma force et mes esprits : Ses femmes m'entouroient quand je les ai repris; A mes yeux étonnés leur troupe est disparue. Ahl trop cruelles mains, qui m'avez secourue, Vous m'avez v«ndu cher vos secours inhumains; Et par vous ceite lettre a passé dans ses mains. Quels desseins mainteiiaui occupent sa pensée? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée? Quel sang pourra suffire à son ressentiment? Ah! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arrête , on me tient enfermée. On ouvre : de son sort je vais être informée.
ROXANE, ATALIDE, ZATIME, gardes, EOXANE, à Atalide.
Retirez-vous.
ATALIDE
Madame... excusez l'embarras...
ROXANE
Retirez-vous, vous dis-je; et ne répliquez pa». Gardes, qu'on la retienne.
Acr« r