ACTE PRBMIER. -JO
Si le temps peut donner quelque droit légitime , Faut-il vous dire ici que le premier de tous Je vous vis, je formai le dessein d'être à vous. Quand vos charmes naissants, inconnus à mon père, N'avoient encor paru qu'aux yeux de votre mère? ih ! si , par mon devoir forcé de vous quitter, fout mon amour aloi-s ne put pas éclater, i"îe vous souvient-il plus, sans compter tout le reste. Combien je me plaignis de ce devoir funeste? Ne vous souvient-il plus, en quittant vos beaux yeux, Quelle vive douleur attendrit mes adieux? Je m'en souviens tout seul : avouez-le, madame. Je vous rappelle un songe eiïacé de votre âme. Tandis que, loin de vcus, sans espoir de retoar, \Je nourrissois encore un malheureux amour. Contente , et résolue à l'hymen de mon père , Tous les malheurs du fils ne vous affligeoient guère.
HOMME
Hélas!
XIPHARfcS.
Aves-vouB plaint un moment mes ennuis ?
HONIUE.
Prince... n'abusez point de l'état où je suis.
XI PHARES
En abuser, ô ciel ! quand je cours vous défendre. Sans vous demander rien , sans oser rien prétendre : Que vous dirai-je enfin? lorsque Je vous promets
IDe vous mettre en état de ne me voir jamais ! H 0 N I M E.
C'est me promettre plus que vous ne sauriez faire.
XIPHARÈS
Quoi! malgré mes serments, tous croyez le contrairaT
Vous croyez qu'abusant de mon autorité,
Je prétends attenter à votre liberté?
On vient, madame, on vient: expliquez-rous, de grâce.
Un mot.
MONIMB.
Défendez-moi des fureurs de Pharoaee:
Pour me faire, seigneur, consentir à vous voir, Vous n'aurez pas besoin d'un injuste pouvoir.
XIPHARÈS
Ah, madame I
M4 MITHRIDATB
MONIHE.
Seigneur, vous voyez votre fi'ëre.