MITHRIDATE, HOMME
HITHBIDATE.
Madame , enfin le ciel près de vous me rappelle.
Et, secondant du moins mes plus tendres souhaits,
Vous rend à mon amour plus belle que jamais.
Je ne m'attendois pas que de notre hyniénée
Je dusse voir si tard arriver la journée ;
Ni qu'en vous retrouvant , mon funeste retour
Fît voir mon infortune, et non pas mon amour.
C'est pourtant cet amour, qui , de tant dé retraites.
Ne me laisse choisir que les lieux où vous êtes;
Et les plus grands malheurs pourront me sembler doux
Si ma présence ici n'en est point un pour vous.
C'est vous en dire assez, si vous voulez m'entendre.
Vous devez à ce Jour dès longtemps vous attendre}
Et vous portez , madame , un gage de ma foi
Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi.
Allons donc assurer cette foi mutuelle.
Ma gloire loin d'ici vous et moi nous appelle;
Et. sans perdre un moment pour ce noble dessein,
Aujourd'hui votre époux, il faut partir demain.
HONIUE.
Seigneur, vous pouvez tout : ceux par qui je respire Vous ont cédé sur moi leur souverain empire ; Et, quand vous userez de ce droit tout-puissant. Je ne vous répondrai qu'en vous obéissant.
MITHRIDATE
Ainsi , prête à subir un joug qui vous opprime. Vous n'allez à l'autel que comme une victime; Et moi , tyran d'un cœur qui se refuse au mien , Même en vous possédant je ne vous devrai rien. Ah, madame! est-ce là de quoi me satisfaire? Faut-il que désormais, renonçant à vous plaire, le ne prétende plus qu'à vous tyranniser? Mes malheurs, en un mot, me font-ils mépriser? \h ! pour tenter encor de nouvelles conquêtes ', 1. Ici commence une magnifique période de douce vers enci aliiAt