‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 274 sur 459 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Quand Je ne verroîs pas des routes toutes prêtes. Quand le sort ennemi m'auroit jeté plus bas. Vaincu, persécuté, sans secours, sans États, F.rrant de mers en mers , et moins roi que pirate. Conservant pour tous biens le nom de Mithridate, \pprenez que, suivi d'un nom si glorieux. Partout de l'univers j'attacherois les yeux; Et qu'il n'est point de rois, s'ils sont dignes de rètre, 0»':, sur le trône assis, n'enviassent peut-être Ati-dessus de leur gloire un naufrage élevé, Que Rome et quarante ans ont à peine achevé. Vous-même, d'un autre œil me verriez-vous , madame. Si ces Grecs vos aieux revivoient dans votre âme? Et, puisqu'il faut enfin que je sois votre époux , N'étoit-il pas plus noble, et plus digne de vous. De joindre à ce devoir votre propre suffrage, D'opposer votre estime au destin qui m'outrage, Et de me rassurer, en flattant ma douleur, Contre la défiance attachée au malheur?

Hé quoil n'avez-vous rien, madame, à me répondre? Tout mon empressement ne sert qu'à vous confondre. Vous demeurez muette; et, loin de me parler, Je vois, malgré vos soins, vos pleurs prêts à couler.

HONIHE.

Moi, seigneur? Je n'ai point de larmes à répandre. J'obéis '. n'est-ce pas assez me faire entendre? Et ne duffit-il pas...

MITHRIDATE

Non , ce n'est pas assez.

Je vous entends ici mieux que vous ne pensez ; Je vois qu'on m'a dit vrai. Ma juste jalousie Par vos propres discours est trop bien éclaircie : Je vois qu'un fils perfide, épris de vos beautés, Vous a parlé d'amour, et que vous l'écoutez. Je vous jette pour lui dans des craintes nouvelles ; Mais il jouira peu de vos pleurs infidèles, Madame ; et désormais tout est sourd à mes lois. Ou bien vous l'avez vu pour la dernière fois. Appelez Xipbarèb.

avec un art admirable ; période presque unique dans ootro poéiia, chef-d'œuvre d'bannonie et d'éloquence. ( GsorrHOT.)

«S« MITHRIDATB.

UONIHE.

Ah! que voulez-vous faire?

Xipharès...

MITHRIDATE

Xipharès n'a point trahi son père ;

Vous vous pressez en vain de le désavouer ;

Et ma tendre amitié ne peut que s'en louer.

Ma honte en seroit moindre, ainsi que votre crime ^

Si ce fils, en effet digne de votre estime,

A quelque amour encore avoit pu vous forcer.

Mais qu'un traHre, qui n'est hardi qu'à m'offenser» ! De qui nulle vertu n'accompagne l'audace , I Que Pharnace, en un mot, ait pu prendre ma place» ^ Qu'il soit aimé, madame, et que je sois haï...

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