‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 281 sur 459 · HOMME, MITHRIDATE · texte numérisé non relu

HOMME, MITHRIDATE

HITIIRIDATE.

Enfin J'ouvre les yeux ,' et je me fais Justice ;

Cest faire à vos beautés un triste sacrifice ,

Que de vous présenter, madame, avec ma foi,

Tout l'âge et le malheur que Je traîne avec moi.

Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes

Cachoient mes cheveux blancs sous trente diadèmes.

Mais ce temps-là n'est plus. Je régnois, et Je fuis.

Mes ans se sont accrus ; mes honneurs sont détruits;

Et mon front, dépouillé d'un si noble avantage.

Du temps qui l'a flétri laisse voir tout l'outrage.

D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits :

D'un camp prêt à partir vous entendez les cris ;

Sortant de mes vaisseaux, il faut que j'y remonte.

Quel temps pour un hymen , qu'une fuite si prompte.

Madame! Et de quel front vous unir à mon sort.

Quand je ne cherche plus que la guerre et la mortî

Cessez pourtant, cessez de prétendre à Pharnace :

Quand Je me fais justice, il faut qu'on se la fasse.

Je ne souffrirai point que ce fils odieux ,

Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux,

Possédant une amour qui me fut déniée ,

Vous fasse des Romains devenir l'alliée.

Mon trône vous est dû : loin de m'en repentir,

Je vous y place même avant que de partir,

Pourvu que vous vouliez qu'une mairî*qui m'est chère,

Un fils, le digne objet de l'amour de son père,

Xipharès, en un mot, devenant votre époux.

Me venge de Pharnace, et m'acquitte envers vous.

UONIME.

Xipharès! lui, seigneur?

MITHRIDATE

Oui, lui-même, madame.

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