ACTE IIL
D'où peut naître à ce nom le trouble de votre âmet Contre an si juste choix qui peut vous révolter? Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter? Je le répète encor : c'est un autre moi-même, On fils victorieux, qui me chérit, que j'aime. L'ennemi des Romains , l'héritier et l'appui D'un empire et d'un nom qui va renaître en lui ; Et , quoi que votre amour ait osé se promettre , Ce n'est qu'entre ses ma^ns que je puis vous remettre.
HONIUB.
Que dites-vous? O ciel ! Pourriez-vous approuver...
Pourquoi , seigneur, pourquoi voulez-vous m'éprouvtrt
Cessez de tourmenter une àme infortunée :
Je sais que c'est à vous que je fus destinée;
Je sais qu'en ce moment, pour ce nœud solennel «
La victime , seigneur, nous attend à l'auteU
Venez.
UITHRIDATE.
Je le vois bien : quelque effort que Je fasse . Madame, vous voulez vous garder à Pharnace. Je reconnois toujours vos injustes mépris; Ils ont même passé sur mon malheureux fil».
MORIMB.
Je le méprise!
UITHRIDATE.
Hé bien, n'en parlons plus, mada.ine.
Continuez : brûlez d'une honteuse flamme. Tandis qu'avec mon fils je vais, loin de vos yeux, Chercher au bout du monde un trépas glorieux , Vous cependant ici servez avec son frère, Et vendez aux Romains le sang de votre père. 3nez : je ne saurois mieux punir vos dédains, n'en vous mettant moi-même en ses serviles mainsj Jt, sans plus me charger du soin de votre gloire. Je veux laisser de vous jusqu'à votre mémoire. Allons, madame, allons. Je m'en rais vous unir.
UONIHB.
Plutôt de mille morts dussiez- vous me punir 1
UITHRIDATE.
Vous résistez en vain , et j'entends votre fuite.
HLo quelle extrémité, seigneur, suia-je réduite?
470 MITHRIDATB.
Mais enffn Je vous crois, et Je ne puis penser
Qu'à feindre si longtemps tous puissiez vous forcer.
Les dieux me sont témoins qu'à tous plaire bornée,
Mon &me à tout son sort s'étoit abandonnée.
Mais si quelque loiblesse aroit pu m'alarmer.
Si de tous ses efforts mon cœur a dû s'armer.
Ne croyez point, seigneur, qu'auteur de mes alarm3s,
Pbarnace m'ait Jamais coûté les moindres larmes.
Ce fils victorieux que tous favorisez ,
Cette TiTante image en qui vous vous plaisez ,
Cet ennemi de Rome, et cet autre vous-même.
Enfin ce Xipharès que vous voulez que J'aime.^
HITHniDATB.
Vous l'aimez T
HOMUE.
Si le sort ne m'eût donnée à tous.
Mon bonheur dépendoit de l'avoir pour époux. Avant que TOtre amour m'eût euToyé ce gage , Nous nous aimions... Seigneur, vous changez de vidage I
UITHRIDATB.
Non, madame. Il suffit. Je Tais vous l'envoyer. Allez : le temps est cher, 11 le faut employer. Je vois qu'à m'obéir vous êtes disposée : Je suis content.
MONIHB, en s'en allant.
O ciel ! me serois-je abusée T